Le rêve de la Mecque et de Médine
Dieu a dit :
« La
première Maison qui ait été édifiée pour les gens, c’est bien celle de
Bakka (la Mecque) bénie et une bonne direction pour l’univers. »
Sourate 3, Al ’Imran, verset 96
Et Il ajoute :
« Là
sont des signes évidents, parmi lesquels l’endroit où Abraham s’est
tenu debout ; et quiconque y entre est en sécurité. Et c’est un devoir
envers Allah pour les gens qui ont les moyens, d’aller faire le
pèlerinage de la Maison. Et quiconque ne croit pas... Allah se passe
largement des mondes. »
Sourate 3, Al ’Imran, verset 97
D’après Abû Hurayra (Que Dieu soit satisfait de lui), l’Envoyé d’Allah
a dit : « La
Oumra efface les péchés commis dans l’intervalle la séparant d’une
autre, et le Hajj pieusement accompli n’aura d’autre récompense que le
Paradis ». (Mouslim)
Toujours, d’après Abû Hurayra (Que Dieu soit satisfait de lui), l’Envoyé d’Allah
a dit : « Quiconque
se rend à cette Maison (avec l’intention d’accomplir le Hajj) et
s’abstient de dire des obscénités ou de commettre d’actes impudiques,
reviendra (absous des péchés) tel qu’il était le jour où sa mère
l’avais mis au monde ». (Mouslim)
Alors, comment ne pas cultiver dans son for intérieur, le désir de poser une fois dans sa vie le pied dans les terres saintes de la Mecque et de Médine ?
Des lieux visant à purifier l’âme de ses souillures et de ses péchés pour devenir digne de la Grâce divine sur terre et dans l’au-delà.
La Mecque bénéficie d’une protection divine, c’est une terre sacrée
jusqu’au jour de la Résurrection. D’après Ibn Abbâs (Que Dieu soit
satisfait de lui), l’Envoyé d’Allah
a dit au jour de la prise de La Mecque : « Désormais,
il n’y aura pas lieu à l’émigration, mais plutôt un combat et une
intention. Et si l’on vous invite au djihad, prenez-y part ». Il ajouta encore au jour de la prise de La Mecque : « Ce
pays, Allah l’a rendu sacré, le jour où Il a créé les cieux et la
terre. Ce territoire restera sacré par l’ordre d’Allah jusqu’au Jour de
la Résurrection. Il n’a été permis à personne avant moi d’y livrer
combat et la durée de cette autorisation ne dépasse pas un certain laps
de temps. Ce territoire restera sacré par l’ordre d’Allah jusqu’au Jour
de la Résurrection. On ne doit pas couper ses épines, ni effaroucher
son gibier, ni ramasser les objets trouvés à moins que ce ne soit pour
les rendre à leurs propriétaires, ni arracher ses herbes fraîches ». Al-Abbâs lui dit alors : « Ô
Envoyé d’Allah ! Fais une exception pour l’Idhkhir (plante de la
famille des graminées à odeur aromatique) qu’on emploie dans certaines
industries (telles : l’orfèvrerie et les forges) et dans les maisons ». - « Excepté l’Idhkhir », ajouta-t-il. (Mouslim)
Il est permis d’y aller plusieurs fois. Le Prophète
a dit : Le pèlerinage est prescrit pour une fois dans la vie. Qui l’accomplit plus d’une fois aura fait un acte surérogatoire. (Abou Daoud & Ahmed)
Dieu dit :
« Annonce
aux hommes le Pèlerinage. Ils viendront à toi, à pied ou (montés) sur
des chameaux aux flancs caves, arrivant de contrées éloignées. Afin
qu’ils soient eux-mêmes témoins des avantages qu’ils en recueilleront,
et afin qu’ils répètent le nom d’Allah, à des jours fixes, sur les
bêtes de troupeaux qu’Allah leur a attribuées, "Mangez-en et
nourrissez-en le pauvre, le malheureux. Puis qu’ils donnent leurs soins
au corps ! Qu’ils s’acquittent de leurs vœux et qu’ils accomplissent
les circuits (tawâf) autour de l’Antique Maison". »
Sourate 22, Al Hajj (le pèlerinage), versets 27-29
Le pèlerinage est bien une obligation pour tout musulman capable de l’accomplir une fois dans sa vie.
La ville de Médine a une place de choix elle aussi, dans le cœur de notre prophète Bien-Aimé
.
D’après Abd-Allah ibn Zayd ibn Asim (Que Dieu soit satisfait de lui), l’Envoyé d’Allah
a dit : « Abraham
(Ibrâhîm) a déclaré La Mecque sacrée et a invoqué Allah en faveur de
ses habitants, et moi j’ai déclaré sacrée Médine comme Abraham
(Ibrâhîm) avait déclaré sacrée La Mecque et j’ai prié pour que son sâ [1] et son mudd [2] soient doublement bénis, comme avait prié Abraham (Ibrâhîm) pour les habitants de La Mecque ». (Mouslim)
La Kâaba, une maison sacrée
Cette bâtisse cubique (haute de 15 mètres et d’environ 12 mètres sur 13
mètres) est la première maison bâtie sur terre par l’homme pour adorer
Dieu. Ce divin monument, ce trésor historique situé dans la ville
fantastique est nommé aujourd’hui « La mère des cités ». Elle donna
naissance au Sceau des Prophètes, le plus grand des humains, le Sauveur
Mohamed, l’Envoyé d’Allah
.
Dans sa forme actuelle, la Kâaba est le résultat de transformations
successives tout en conservant sa fondation. Parmi ses travaux de
reconstruction, nous pouvons noter ceux d’Abraham (Que le salut de Dieu
soit sur lui) (1950 avant JC), ceux faits après le déluge du temps du
prophète Noé (Que le salut de Dieu soit sur lui) et ceux faits après le
conflit d’Abdoulaye Ibn-Zoubeir et ses partisans qui s’y étaient
retranchés. Ce bâtiment fait de ciment et de briques se trouve au
milieu d’une cour vaste et quadrilatère dans la Mecque. C’est la Maison
sacrée offerte à Dieu sur terre, offerte par Adam (Que le salut de Dieu
soit sur lui), père du genre humain. Elle fut, au début, construite de
ses mains. Cet hommage concret, ce grand bloc de ciment, constitue à ce
jour le seul vrai monument, qui glorifie Dieu Tout-Puissant d’un
vibrant témoignage, et qui reste debout à travers tous les âges et les
siècles. Pendant le grand déluge il fut presque détruit, mais quelques
temps après il fut bien reconstruit par le très digne Abraham (Que le
salut de Dieu soit sur lui), le Patriarche pur, fondateur de l’Islam.
C’est l’unique point de la terre où les fidèles concentrent toutes
leurs pensées spirituelles, comme les veines qui, donnent au cœur, le
sang pour irriguer le corps avec son flot puissant. Les croyants
tournent leurs têtes vers ce coté, la « Qibla » pour prier l’Eternel en
toute humilité. Dans l’angle de ce Temple notoire, se trouve scellé la
célèbre pierre noire, tombée du Paradis, donnée par Gabriel (Que le
salut de Dieu soit sur lui) au Prophète Abraham et à son fils Ismaël
(Que le salut de Dieu soit sur eux), qui la placèrent là à la portée
des gens, où elle est enchâssée dans un cercle d’argent. A l’époque
elle était blanche comme le lait, Mais tous les pèlerins, depuis
longtemps, allaient, pour implorer le pardon, l’embrasser, la toucher,
la rendre noire par d’innombrables péchés.
L’eau « Zem-Zem »
Tout proche de la Kâaba, on voit le fameux puits, où l’eau miraculeuse avait jailli jadis pour sauver de la soif Ismaël et sa mère Hajar (Que le salut de Dieu soit sur eux). Dieu ne libéra cette eau de sous la terre, que lorsqu’il reconnut les efforts de Hajar (Que le salut de Dieu soit sur elle), qui courait en tous sens pour chercher du secours. Cette eau est une source de vie, un miracle parmi tant d’autres, qui ne cessera de couler jusqu’au jour où Dieu décidera de la couper.
Le parcours entre As-Safa et Al-Marwa
C’est par le récit d’Hajar (Que le salut de Dieu soit sur elle), que nous comprenons les mérites de parcourir un trajet de sept fois entre As-Safa et Al-Marwa, dans un esprit de dévotion lors du pélerinage. Dieu l’a prescrit dans le Coran :
« As-Safa
et Al-Marwa sont vraiment parmi les lieux sacrés de Dieu. Donc
quiconque fait le pèlerinage à la Maison ou fait la Oumra ne commet pas
de péché en faisant le va-et-vient entre ces deux monts. Et quiconque
fait de son propre gré une bonne oeuvre, alors Dieu est Reconnaissant,
Omniscient. »
Sourate 2, Al Baqarah (La vache), verset 158
Sur les traces des pieux, sur la voie de Dieu
Aller à la Mecque et à Médine, c’est se rendre dans un lieu concret, avec ses moyens, ses pieds, son cœur et son âme. Effectuer le pèlerinage est un véritable retour aux sources sur les traces des premiers hommes de l’Islam. C’est marcher autour de la Kaaba, parcourir l’espace entre les monts As-Safa et Al-Marwa, boire l’eau du puits millénaire de Zem-zem en implorant le Pardon de Dieu, en songeant à Adam, à Ibrahim, à Ismaïl, à Hajar, à Mohammad (Paix et Bénédictions de Dieu soient sur eux) afin de témoigner de cet Amour pour Dieu en faisant les mêmes actes que ces illustres personnages. Dieu a dit :
« Ô les croyants ! Craignez Allah comme Il doit être craint. Et ne mourez qu’en pleine soumission. »
Sourate 3, Al ’Imran, verset 102
Etre musulman, ce n’est pas seulement se parfaire à un certain nombre de règles. Ce n’est pas accomplir ces règles de façon méticuleuse, mais sans profondeur. Etre musulman, c’est tourner son amour vers l’Etre Suprême dans la soumission la plus parfaite. L’être musulman accomplit consciencieusement ses prières quotidiennes, sa lecture du Coran, ses invocations de circonstances, s’acquitte des aumônes, accomplit son mois de jeûne et accomplit son Hadj dans la crainte, dans l’amour du Tout-Puissant, et il n’y a nulle crainte pour celui qui choisit fermement cette voie. Dieu a dit :
« A ceux qui croient et font de bonnes œuvres, le Tout Miséricordieux accordera Son amour. »
Sourate 19, Maryam (Marie), verset 96
Selon Anas ibn Mâlik (Que Dieu soit satisfait de lui), le Prophète
a dit : « Il en est trois qualités, quiconque les possède, saura
savourer la douceur de la foi : vouer un amour exclusif à Allah et à
son Envoyé, si l’on aime quelqu’un d’autre, qu’il ne sera que par amour
d’Allah, enfin de redouter le retour à l’incrédulité -condition de
laquelle on a été sauvé par Allah comme on redoute d’être précipité en
Enfer ».(Mouslim).
Puisse
Allah Tâala, permettre à chaque musulman, de réaliser et profiter des
bienfaits du pèlerinage, dans une ambiance fraternelle, pieuse et
unique qui règne seulement autour de la Kâaba et de la mosquée du
Prophète (Paix et Bénédiction de Dieu soient sur lui). Ces lieux saints
de l’Islam qui ont été les témoins des actes de dévotion d’Abraham,
Ismaël (Que le Salut de Dieu soit sur eux) et Mohammed
).
[1] sâ : mesure médinoise de grains équivalent à 4 mudd
[2] mudd : mesure médinoise de grains équivalent au contenu de 2 poignées ou à un quart de Sâ à peu près
Adolescence : Agitation ou transition ?
L’étape de l’adolescence est souvent perçue comme un moment d’agitation et de détresse tant pour les adolescents que pour les parents. Les parents se soucient du type d’amis que leurs adolescents auront, s’ils réussiront bien à l’école ou pas et décideront de poursuivre leurs études plus loin, et quel « contrôle » ils auront sur les décisions de l’adolescent. Les plus grandes craintes incluent les problèmes de drogue ou d’alcool, les ennuis avec le système légal, les rapports hors mariage et le suicide. En plus de toutes ces problèmes, les parents musulmans seront concernés si leur adolescente portera le voile, fera la prière correctement et à l’heure, jeûnera pendant le mois de Ramadhan, évitera les contacts avec des membres de l’autre sexe, respectera ses parents et les autres adultes. Traiter tous ces soucis peut être moins stressant si les parents savent à quoi s’attendre lorsque leur enfant entre dans cette phase du développement.
L’adolescence est généralement considérée commencer autour de l’âge de 12 ou 13 ans et terminer à 18 ou à 19 ans. C’est une période de transition entre l’enfance et l’âge adulte mais qui n’est pas du tout universelle. Dans beaucoup de cultures et de sociétés, il n’y a pas de telle phase du développement puisque le mariage et ses responsabilités associées occurrent à un jeune âge. L’adolescence est présente dans d’autres sociétés dues aux facteurs sociaux, économiques, et culturels qui produisent un décalage entre la capacité de se reproduire biologiquement et les espérances sociales pour la reproduction. En tant que Musulmans, nous devons observer la validité de cette étape puisque nous savons que la responsabilité (Takleef) pour nos pensées et actions commence à la puberté (Buloogh). Ceci signifie que même si nous ne pouvons ne pas être un « adulte » socialement, nous sommes considérés comme tel spirituellement. Évidemment ceci devrait évoquer toutes sortes de drapeaux rouges et avertissements pour les parents, se rendant ainsi compte que la tâche d’éducation est la plupart du temps achevée à l’âge de 12 ou 13 ans, ou selon l’âge où l’enfant atteint la puberté. À ce moment-là, le jeune sera complètement responsable devant Allah de tout ce que il fait. Ceci ne signifie pas qu’être parent finit à ce moment-là, mais cela accentue la signification de ces premières années et le rôle crucial que les parents jouent. Nous devons établir une base solide de sorte que nos enfants fassent les choix appropriés au moment venu.
Pour ceux qui sont dans une société où l’adolescence est considérée comme une phase de développement distincte, il est salutaire de comprendre certaines de ses caractéristiques générales. La perception que cette période de la vie est une période d’agitation et de détresse est liée à la croyance générale que le conflit parent-adolescent est inévitable et qu’il continuera jusqu’à ce que l’adolescent parte de la maison. Bien que ceci se produise dans quelques familles, cela ne devrait pas être considéré comme la norme. Les désaccords surgiront évidemment quand l’adolescent commence à affirmer son besoin d’indépendance et de contrôle, qui est accompagné par l’augmentation de la capacité cognitive et une propre identité naissante. Les parents devraient respecter les choix de leur adolescent et stimuler son sens de la responsabilité, tant que les choix ne sont pas contraires aux principes de l’Islam. On devrait également enseigner au jeune la valeur islamique fondamentale d’être obéissant et respectueux envers les parents à un jeune âge, de sorte que lorsque la correction est nécessaire, elle est acceptée aisément. L’utilisation de ces deux stratégies devrait être efficace pour prévenir tout conflit sérieux parent-adolescent. Une note positive est que la recherche a prouvé que bien que les adolescents et leurs parents puissent différer au sujet des détails de la vie quotidienne, ils sont généralement en accord sur des questions liées aux valeurs de base. C’est un autre drapeau rouge pour signifier que nous devrions prendre conscience des valeurs que nous enseignons à notre jeunesse.
Socialement, il y a une réorganisation pendant l’adolescence car il y a plus de temps passé avec ses pairs, l’influence des adultes est réduite et devient plus indirecte et la participation à de grands groupes sociaux devient importante. Le groupe affinitaire devient plus influent et les diverses formes de pression des pairs peuvent fonctionner. Une autre note positive est que les adolescents sont plus enclins à aller avec la pression de pair qui est pro social qu’avec la pression de mauvais comportement. Le groupe affinitaire est également une source importante d’informations, d’encouragements et de connexité sociale car la personne commence à trouver son chemin dans la vie. En tant que parents musulmans, nous devons évidemment être préoccupés par le type d’information et d’encouragement que nos jeunes reçoivent et, par extension, le type d’amis qu’ils ont. Nous devons les encourager à nouer des amitiés et des rapports avec ceux qui ont les mêmes valeurs islamiques que nous essayons de donner. Les enfants qui ont développé un amour pour l’Islam suivront naturellement ce chemin.
L’adolescence peut être une splendide période de la vie pour les deux, parents et jeunes, alors que se produit la transition de l’enfance vers l’âge adulte. Si les graines de l’Islam ont été plantées au commencement, puis arrosées et consolidées tout au long, une belle et fleurissante plante se dévoilera. Il devrait alors y avoir peu souci concernant les nombreux problèmes qui peuvent apparaître pendant cette période. Contrairement à la croyance que c’est un moment de conflit entre les parents et l’adolescent, cela peut réellement être une période de croissance mutuelle, d’amour et de respect. Le rapport de parent-enfant changera dans cette phase au fur et à mesure que l’indépendance et la responsabilité se développent, et le nouveau lien qui se créée peut être enrichissant et extrêmement satisfaisant pour les deux.
Qu’Allah, subhana wa ta’ala, nous aide à être des parents exemplaires et nous aide à élever des enfants pieux.
Dr Aisha Hamdan, Professeur Assistant à l’University de Sharjah (UAE
Laboratoire TEVA, ne nous soignons plus aveuglément
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Papa
a des piqures à faire car il a mal au dos, après un passage chez le
médecin il va à la pharmacie. Ce sont des génériques, provenant du laboratoire TEVA. Lorsque je retourne à la pharmacie pour faire l ’échange, je m’étonne qu’on ne le renseigne pas sur ce générique.
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Sur le site du géant du générique :« En juin 2002, Bayer Pharma SA vend
"Bayer Classics" et le site de production de Sens, à Teva
Pharmaceutical Industries Ltd. Teva, dont le siège est situé en Israël,
est le leader mondial des médicaments génériques avec un chiffre d’affaires de plus de 2 milliards de dollars US en 2001. » « Le siège du groupe est situé en
Israël où Teva est le 1er laboratoire pharmaceutique. Teva a
d’importants moyens de production, recherche, marketing et distribution en Israël, aux Etats-Unis et en Europe. Avec 100 ans d’expérience dans
l’industrie pharmaceutique, Teva bénéficie d’une solide présence
internationale grâce à ses filiales. En 2001, Teva totalisait un chiffre
d’affaires de 2,08 milliards de dollars, dégageant un revenu net de
278,2 millions de dollars. Avec plus de 8.600 salariés dans le
monde et de multiples usines à l’international, le laboratoire envisage de cultiver et accroître sa position stratégique de leader mondial sur
le marché international des génériques et de développer sa présence sur le marché pharmaceutique. Teva figure parmi le top 20 des laboratoires pharmaceutiques et se classe 1er parmi les laboratoires de génériques dans le monde. 80% du chiffre d’affaires de Teva est dégagé par les Etats-Unis et l’Europe. L’entreprise est cotée au NASDAQ, SEAQ International à Londres, à la bourse de Francfort et de Tel-Aviv. » Les sites du groupe : à consulter sur leur site internet : http://www.tevaclassics.fr/OnLab/ig/PPage.asp ?D=TEVA ![]()
En tant que consommateur, vous
avez le droit de refuser des médicaments provenant de ce laboratoire et
de son groupe. Aucun pharmacien ne pourra vous refuser le médicament de marque voulue.
Plusieurs raisons de refuser les génériques du laboratoire TEVA : Les noms se ressemblent tellement et beaucoups d’erreurs ont été causées (corticoides à la place d’anti dépresseur), car le nom et la présentation se ressemblent. Les usines qui fabriquent des médicaments génériques voient le nombre d’employés diminuer par des l icenciements, notamment dans les petites villes. Alors pourquoi contribuer à des LEADER mondiaux ? Le trou de la sécurité sociale ne se résoudra pas grâce aux laboratoires TEVA, le problème est ailleurs... Nous savons que dans un médicament, 70%
de son efficacité est dû à son effet placebo, il est difficile pour une personne qui a pris un médicament pendant 30 ans de lui changer le nom et la forme de son petit comprimé. On vous explique que tel générique vous
est plus approprié que le médicament de marque, vérifiez juste qu’il ne provient pas du laboratoire TEVA, et acceptez. En vous souhaitant à tous une bonne santé, refusons de troquer notre santé contre une f abrication d’armes, soignons nous avec dignité et en toute âme et conscience... |
L’allaitement maternel
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Une étude présentée en Mai 2001 lors d’une conférence sur la prévention
des maladies à Atlanta et qui a porté sur 117 cas de Mort Subite du Nourrisson (MSN), estimait que 55% des décès auraient pu être évités si la mère avait allaité. Le pouvoir analgésique de la tétée a été mis en évidence par plusieurs études dont l’une publiée dans le journal of pediatrics
en 2002 et qui révélait que lors d’un prélèvement de sang au niveau du
talon chez des nourrissons, la tétée réduisait les pleurs de 91% et les grimaces de douleurs de 84%.. L’allaitement maternel bon pour la
santé également à long terme : prévention du diabète, de l’obésité, des maladies cardio-vasculaires... Il a un rôle préventif dans certain cancers : Une étude publiée dans le journal of national cancer institute
en 1999 a révélé que le fait d’être allaité réduisait le risque de
survenue d’une leucémie aigüe de l’enfant de 21%. La même équipe
révélait en 1995 que l’allaitement maternel réduisait le risque de
survenue d’un lymphome avant l’âge de 15 ans. D’autres études ont mis
en évidence également son rôle préventif contre le cancer du sein chez la femme allaitante et la fille allaitée et contre le cancer de l’estomac. Plusieurs travaux en mis évidence le gain de quelques points de QI chez les enfants allaités. Le lait maternel transporterait les
bonnes bactéries digestives de la mère pour mettre en place la flore intestinale de l’enfant, il aurait aussi un rôle transporteur pour les
pneumallergènes inhalés par la mère ce qui favoriserait une sorte de désensibilisation précoce chez l’enfant. Selon des chercheurs australiens, le
lait maternel contiendrait des cellules souches. D’après le Dr Cregan qui a fait cette découverte, une mère qui allaiterait sont enfant contribuerait à accomplir sa destinée génétique. Au delà de tout ce que le lait maternel
peut transmettre comme nutriments à la bonne dose et au bon moment. Au
delà du fait qu’il est une source d’éléments protecteurs, l’allaitement
maternel va contribuer à tisser le lien mère-enfant au fil du temps. Ce
n’est pas juste une vue de l’esprit, c’est une réalité scientifique : Michel Odent parle d’un pic sanguin d’endorphines (analogues naturels de la morphine) chez la femme au 4ème jour après une naissance par voie
basse, ces endorphines passeraient dans le lait colostral et provoqueraient chez la mère et chez l’enfant une sorte d’addiction l’un pour l’autre. L’activité sécrétoire de la glande
mammaire est déclenchée par une hormone hypophysaire : la prolactine. Il a été prouvé que cette même hormone déclenchait un comportement
maternel, en d’autres termes, c’est "l’hormone du maternage" comme le
dit si bien Michel Odent dans son livre "Bien naître". Il nous y apprend également que son injection à la souris même impubère entraîne la construction du nid. L’ocytocine, une autre hormone
hypophysaire, est responsable de contractions utérines pendant
l’accouchement, et va être durant l’allaitement à l’origine du réflexe
d’éjection du lait. Sa sécrétion est provoquée par la succion du bébé.
Elle provoque chez les mammifères un comportement d’attachement et un
sentiment de confiance. Elle a été surnommée "le filtre d’amour", "l’hormone du paradis sur terre". A notre époque où il est impératif
d’agir pour l’avenir de la vie sur terre, l’allaitement maternel a
cette qualité extrêmement appréciable de protéger le petit d’homme du
dictât de l’industrie du lait dont les activités sont très polluantes
(élevage et traite industriels de bovin, manufacture et transport
produisant des gaz à effet de serre, production importante de déchets) L’allaitement maternel assurant une réponse optimale aux besoins de nourriture et d’amour du bébé, i l
initie un rapport sain et respectueux de soi et de son environnement.
N’est ce pas le meilleur des départs dans la vie que d’être sure de
recevoir le meilleur à chaque fois qu’on en a besoin et d’apprendre ainsi à donner le meilleur de soi à nous-même, à notre entourage et à
notre environnement ? N’est ce pas la meilleure façon de transmettre à son enfant le fait indéniable qu’Allah pourvoit à tout ? Pratiquement toutes les femmes qui
n’ont pas allaité auraient voulu le faire. C’est souvent par manque d’information et de soutien qu’elles ne l’ont pas fait et très rarement
par manque de lait. Même si c’est ce qui leur a semblé. Références bibliographiques :
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La Shari’a. Le Droit islamique, son envergure et son équité
Alors que la seule évocation du terme « Shari’a » suscite sinon l’effroi, tout au moins une réserve non dissimulée chez les non-musulmans, il devient difficile de supporter l’avénement d’un Etat islamique basée sur cette même loi coranique, sans provoquer une levée en masse de boucliers. Il suffit, pour s’en convaincre, de parcourir les journaux Libération ; Courrier International, et les éditos toujours aussi éclairés du bon A. Adler, qui ne manque jamais l’occasion de relever la « barbarie islamique » - sic.
On n’aura guère de difficultés à démontrer que l’islam n’est pas apprécié. On n’aura encore moins de complexe à l’affirmer haut et fort. N’en déplaise à ceux qui ne souffrent plus la soi-disant « antienne du dénigrement de l’islam par les mécréants » (Halim Chergui, Panoramiques, Semestre 2001, p. 13) reprise à satiété par les Musulmans, hostiles à toute critique de leur religion. Peu importe les accusations, peu importe les fantasmes et autres mauvaises fois. Il ne sert de rien de crier après les loups. En revanche, il est salutaire de revenir aux sources authentiques de l’islam pour entendre ces critiques à la lumière du Coran et de la Sunna. La Shari’a est-elle rétrograde, dépassée, voire barbare ? L’islam n’est-il qu’une obscurantiste religion régie par des principes d’un autre temps ? Peut-on aujourd’hui encore appliquer la loi coranique ? Qu’est-ce que finalement cette loi coranique ?
A travers une fine analyse, S. Ramadan revient aux sources du droit musulman. Il en décrit la structure, le développement et l’esprit. Etayant son étude de notes d’érudition fournies, il permet au lecteur de se défaire des fausses idées régulièrement ressassées pour dépeindre l’islam. Il va jusqu’à consacrer plus de la moitié de son ouvrage à un point particulier de la Shari’a : le statut des non-musulmans dans l’Etat islamique. L’intérêt est alors accru. S. Ramadan démontre brillamment, Coran et hadith d’une part, faits historiques d’autre part le traitement on ne peut plus égalitaire des dhimmi, non-musulmans en terre d’islam. Axant cette analyse autour de la notion d’équité universelle, il parvient, avec brio, à offrir aux lecteurs les éléments nécessaires à une compréhension objective de cet aspect du droit islamique. Balayant notamment l’idée fausse d’une citoyenneté de seconde zone imposée aux dhimmi, S. Ramadan réussit finalement sans acrimonie, ni esprit partisan, une « analyse pénétrante [qui] pourrait bien encourager les Occidentaux à mieux comprendre l’esprit qui motive les efforts de ceux qui oeuvrent pour une renaissance culturelle du monde musulman - et ainsi, contribuer activement à améliorer la compréhension entre l’Occident et l’Orient » (Muhammad Assad).
| Pour en savoir plus | |
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Lire La Shari’a. Le Droit islamique, son envergure et son
équité,
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L’art islamique
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Les fondements de l’art islamique Deux hypothèses expliquent la naissance de l’art islamique :
Mais ces deux explications ne peuvent à
elles seules suffirent pour justifier la naissance de l’art islamique. Pour comprendre cet art, il faut connaître le rapport de l’islam à
l’art. L’interdiction de l’imitation des créatures animées constitue
une contrainte religieuse. Dans les traditions prophétiques -la sunnah- on trouve l’interdiction d’imiter l’œuvre de Dieu. Abou Horaira a rapporté qu’il a entendu l’Envoyé de Dieu plus inique que celui
qui a essayé de créer comme mes créatures ! Qu’ils essayent donc de
créer une petite fourmi ou un grain de blé ou un grain d’orge.” » (Rapporté par Al Boukhâri et Mouslim) Cette interdiction reflète l’esprit général de l’islam et en souligne deux principes :
Dès la naissance de l’islam, il y eut
un refus donc net de représenter des créatures animées. Le premier calife omeyyade fit enlever la représentation de Jésus sur la monnaie. Mais cette interdiction n’est pas
uniquement propre à l’islam, elle était également présente chez les
Juifs et les Chrétiens. Par exemple, ce ne fut qu’au 2ème concile de
Nicée que les icônes furent acceptées comme art sacré. Dans la
civilisation antéislamique arabe, le statut de la représentation
n’était déjà pas favorable. L’image était considérée comme un
simulacre, une illusion, un mensonge. Il y avait également une grande méfiance vis-à-vis du théâtre, cet art n’existait pas chez les arabes à l’époque médiévale. Les prédispositions de la civilisation
antéislamique arabe et l’interdiction de la représentation de créatures animées ont ainsi conduit à une abstraction de l’art. Les contraintes
religieuse et ethnique ont eu deux conséquences :
« On
lui dit : "Entre dans le palais". Puis, quand elle le vit, elle le prit
pour de l’eau profonde et elle se découvrit les jambes. Alors,
(Salomon) lui dit : "Ceci est un palais pavé de cristal". - Elle dit :
"Seigneur, je me suis fait du tort à moi-même : Je me soumets avec
Salomon à Allah, Seigneur de l’univers". » La calligraphie La calligraphie en arabe al khat al
‘arabi signifie l’art d’écrire. Elle a été développée pour des raisons
politiques et religieuses à travers les copies du Coran, celles-ci
étant réalisées pour diffuser la religion. Parallèlement à ces copies,
il y a eu un intérêt pour l’art d’écrire.
A partir du moment où la calligraphie a
été codifiée, l’écriture est devenue un objet artistique et plus
seulement un texte. Elle est alors utilisée pour l’embellissement sur les murs, souvent des mosquées, ou sur les objets.
L’arabesque est un trait se développant en courbes, spirales et doubles spirales. On retrouve ces entrelacs sur les faïences. En général, ce sont des polygones étoilés, répétés à l’infini et par conséquent arrêtés de façon arbitraire, par exemple par la fin d’un mur. L’impression de mouvement des polygones et la présence de certains éléments stables donne un effet de « danse » cachée qui anime les formes.
L’architecture
la mosquée en tant qu’élément central et la
préférence pour les courbes. Les mosquées et les palais ont bénéficié d’une attention particulière. La mosquée comporte le plus souvent les
trois éléments suivant : le minaret, le mihrab et la coupole. En
Orient, le minaret a une forme circulaire alors qu’au Maghreb, sa forme
carrée vient des traditions des souverains berbères. Le mihrab est la
partie la plus décorée de la mosquée, il est en quelque sorte une « boussole mystique », toujours orienté vers La Mecque.
L’esthétique est basée sur l’ornementation, le remplissage des surfaces : stucs sculptés, stalactites, ... Il y a peu de reliefs mais on a l’impression que la décoration accompagne le mur sans le trouer. La finalité est double : exprimer l’idée que l’homme se retrouve face à lui-même et procurer un plaisir, un émerveillement comme par exemple à l’Alhambra (en Espagne).
Cet article est basé sur une conférence de Makram Abbes, professeur à l’Ecole Normale Supérieure de Lyon, sur l’art islamique. |
Secrets spirituels du pélerinage
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L’humanité a parfaitement le droit de tirer gloire de ses souvenirs anciens et de les entourer d’un halo de majesté et de sacralité lorsqu’ils concernent ses croyances et ses valeurs. Les rites du pèlerinage participent d’une histoire glorieuse et donnent accès à des trésors de spiritualité et de sentiments exubérants, c’est pourquoi s’y attacher constitue un des piliers de la Religion. Dieu dit : « Voilà ! Et quiconque exalte les emblèmes de Dieu, oui, c’est en effet de la piété des cœurs » Ces paroles appellent quelques explications. Pourquoi, des cinq continents, vient-on, par voie de terre, de mer ou d’air, vers la Maison Sacrée, les coeurs emplis de désir ardent et les yeux chargés de lueur ? En vérité, cette Maison est digne d’un tel honneur, car l’intention qui a présidé à sa construction par le père des Prophètes, Ibrâhîm, était d’en faire une citadelle de la confirmation de l’Unicité, et un lieu de rencontre entre les priants s’inclinant et se prosternant devant Dieu. Avant son édification, Ibrâhîm livra à l’idolâtrie une bataille sans merci, qu’il gagna. Il établit avec l’aide de son fils Ismâ’îl les assises de la Maison, affirmant la victoire sur la négation et établissant une distinction avec elle. Dieu dit : « Oui la première Maison qui ait été désignée aux hommes c’est bien celle de Bakka, bénie, pour la guidée des mondes. La première mosquée du monde mérite que l’on s’y dirige et que des délégations y viennent pour lui rendre hommage. Toute mosquée que l’on érige de par le monde doit lui être affiliée et tous les croyants doivent prier dans sa direction : « Et d’où que tu sortes, tourne ton visage vers la Mosquée Sacrée. Et où que vous soyez, tournez-y vos visage [...] » Il est autre chose, dans l’histoire de l’humanité, qui nous lie, nous les musulmans plus particulièrement, à la Ka`ba ennoblie : construisant cet édifice et faisant émerger ses assises, Ibrâhîm adressa à Dieu une prière fervente afin qu’il suscite [dans ces lieux saints] une communauté et un Prophète issus de sa descendance. En effet, Ibrâhîm et Ismâ’îl invoquèrent Dieu en ces termes : « Notre
Seigneur ! Et fais de nous deux de Tes Soumis, et de notre descendance
une communauté à Toi soumise. Et montre-nous nos rites et accepte de
nous le repentir. Oui, Tu es accueillant au repentir, vraiment,
miséricordieux ! Nous sommes la progéniture soumise à Dieu dont il est question dans cette invocation, et notre Messager Muhammad « On ne vous fera pas de grief d’aller en quête de quelque grâce de Votre Seigneur [...] » » C’est que les hommes ont besoin de Dieu qui détient les clés de trésors inépuisables. Il s’est trouvé, pourtant, des insensés
parmi les missionnaires qui pensèrent que les musulmans entretenaient
avec la Ka`ba et avec la Pierre Noire en particulier des relations
purement matérielles ; une telle attitude suscite ironie et rire plus
qu’autre chose, car le monothéisme qui emplit les coeurs des musulmans
procure une certitude exceptionnelle, d’autant plus que la supplication
qui domine parmi les cortèges des pèlerins depuis le départ est : « Me
voici à Toi, ô Mon Dieu, me voici à Toi ! Me voici à Toi, pas d’associé
à Toi, me voici à Toi ! En vérité la louange, le bienfait et le Royaume
sont à Toi ! Pas d’associé à Toi ! » La voix des pèlerins augmente
en puissance chaque fois qu’ils atteignent une colline, dévalent une
vallée ou rencontrent un groupe de gens, dans le calme de la nuit ou du
point du jour. Dans ces instants, le pèlerin a le sentiment que
l’univers entier fait écho à ses prières conformément à ce hadîth : « Lorsque
le pèlerin prononce la Talbiyya, tout ce qui se trouve à sa droite et à
sa gauche comme arbres, pierres, argile, jusqu’à l’horizon la prononce
après lui. » Il n’est pas étonnant que l’univers qui chante les
louanges de Dieu joigne sa voix à celle de l’homme qui s’est dépouillé
de lui-même entreprenant un voyage pieux en vue de l’agrément de Dieu.
Le Prophète Le pèlerin est un homme qui se consacre exclusivement au culte de Dieu, aspirant avidement à l’agrément et à la rétribution de Dieu et craignant son châtiment. Tout son être est animé par les sentiments d’ardent désir et d’amour. Il n’existe pas, à ma connaissance, de rassemblement humain qui mérite davantage que se répandent sur lui la clémence et le pardon de Dieu que ce noble rassemblement qui est le pèlerinage. La course entre les deux monts
d’As-Safâ et AlMarwâ intervient généralement à la suite des tours
autour de la Ka`ba, et les rites s’y rapportant renouvellent et
perpétuent le sentiment de confiance en Dieu [Tawakkul] qui avait jadis
empli le coeur d’Agar la mère d’Ismâ’îl, sur lui la paix, de même que
celui de son époux Ibrâhîm l’Ami Intime [de Dieu]. Les tenants des idéaux ont grand besoin de la confiance en Dieu, car à elle seule, elle peut leur conférer force et puissance fussent-ils peu nombreux et semblassent ils humiliés, et transformer leur attachement à Dieu en un principe qui suscite le respect. C’est entre autres sens ce qu’implique le verset suivant : « As-Safâ
et A1-Marwâ sont vraiment parmi les emblèmes de Dieu. Donc quiconque
fait le grand pèlerinage de la Maison ou le petit pèlerinage, pas de
péché sur lui à faire le tour de ces deux monts. Et quiconque fait de
surcroît ceuvre bonne, alors Dieu est reconnaissant, Il sait » Les historiens rapportent qu’après le départ d’Ibrâhîm, alors qu’Agar et son fils Ismâ’îl devaient affronter leur destin dans cette contrée isolée, le Diable se présenta à lui alors qu’il traversait Minâ. Il lui dit : « Peut-on laisser sa famille mourir ainsi de faim et de soif ! Retourne auprès des tiens et sauve-les de la mort ! » Mais Ibrâhîm lui jeta des cailloux et poursuivit son chemin en adressant à Dieu cette oraison fervente : « Ô
Notre Seigneur, j’ai établi une partie de ma descendance dans une
vallée qui, vraiment, est tout autre qu’agricole, près de Ta Maison
sanctifiée, afin, ô Notre Seigneur, qu’ils établissent l’Office. Fais
donc que se précipitent vers eux les cceurs d’une partie des gens. Et
nourris-les de fruits. Peut-être seront-ils reconnaissants ? » Dieu exauça cette prière sincère et Ibrâhîm déjoua la ruse de Satan, car son coeur croyant était confiant en Dieu. La tradition de la lapidation des stèles [Ramy AI-Jamarât] fut instituée pour que tous sachent que la promesse de Dieu demeure infaillible et que les insinuations du Diable sont pure divagation, qui ne s’insinuent que dans les coeurs dénués de la mention de Dieu : « Il n’a, en vérité, aucune autorité sur ceux qui croient et qui placent confiance en Leur Seigneur. Il est à noter qu’en parlant de la lapidation des stèles à Minâ, le noble Coran a utilisé non le terme de lapidation, mais de mention de Dieu durant des jours comptés. Dieu, exalté soit-Il, dit : « Et souvenez-vous de Dieu pendant les jours comptés. Ensuite il n’y a pas de péché, pour qui se comporte en piété, à partir au bout de deux jours ou à s’attarder non plus ». Comme si un tel rite avait pour finalité l’évocation à voix haute du Seigneur des mondes, la lapidation des stèles demeurant, quant à elle, un simple symbole. En vérité, le pèlerinage n’est, en
définitive, qu’évocation de Dieu par des multitudes humaines dont la
seule préoccupation est d’exalter Dieu et de L’implorer en prononçant
les formules de la Talbiyya. Et il est regrettable que le rite de la
lapidation des stèles soit devenu si difficile à observer que seules
les personnes les plus endurantes et les plus téméraires soient en
mesure de s’en acquitter et que des pèlerins trouvent, à cette
occasion, la mort étouffés ou piétinés. Ces événements malheureux sont
dus au fait que l’on se conforme à l’avis juridique prépondérant qui
stipule que la lapidation des stèles ne peut se faire qu’entre le
déclin du soleil et son coucher. Le résultat en est que les vagues de
pèlerins font face, à ces moments critiques, à un danger périlleux.
J’ai, quant à moi, refusé cet avis juridique qui ne se fonde ni sur le
Livre de Dieu ni sur la Tradition du Prophète Il est heureux que le gouvernement saoudien ait enfin pris des mesures en vue de faciliter la lapidation des stèles, notamment en admettant que les pèlerins s’acquittent de ce rite à n’importe quel moment de la journée, à condition toutefois de le faire pendant les jours déterminés par la Religion [2]. Des vies ont ainsi été épargnées et la conformité à ce rite divin a été rendue plus aisée. Il est des musulmans qui pensent que le pèlerinage est une suite de difficultés insurmontables ; ils ont rendu difficile ce qui à l’origine était facile et ils ont forgé des actes qui n’ont aucun fondement dans la religion de Dieu. D’aucuns imaginent qu’il existe des invocations spécifiques à chacun des sept tours de la Ka`ba et chacun des sept trajets entre As-Safâ et AI-Marwâ ; des livres d’invocations ont même été composés sans s’appuyer sur quelque argument légal. Il y a aussi des faibles d’esprit qui
soutiennent qu’il est plus méritant d’accomplir la course [entre
As-Safâ et Al-Marwâ] à travers le parcours se situant à même le sol que
de le faire en empruntant l’itinéraire aménagé à l’étage par les
autorités en vue de réduire l’affluence. De même, ils pensent qu’il est
plus méritoire de se tenir au niveau du sol, plutôt qu’à l’étage, pour
lapider les stèles ! Ils ignorent certainement que le Prophète « Le
pèlerinage touche les mois bien connus. S’y décide-t-on ? Alors, plus
d’épouses, plus de perversité, plus de dispute, pendant le pèlerinage.
Et le bien que vous faites, Dieu le sait. Et prenez vos provisions ;
mais vraiment la meilleure provision est la piété. Et craignez-Moi, ô
doués d’intelligence » Ce voyage à travers les lieux saints de
l’Islam polit, en outre, le caractère, purifie le coeur et fait croître
le sentiment d’amour à l’égard de Dieu, de Son Envoyé « Et
ainsi te révélons-Nous une Lecture arabe, afin que tu avertisses la
Mère des villes et aussi ceux qui sont autour d’elle, et que tu
avertisses du Jour de la Réunion, pas de doute là-dessus » Autour de la noble Ka`ba, se dessinent des cercles de priants inclinés ou prosternés, dont l’ampleur ne cesse d’augmenter au fur et à mesure qu’on s’en éloigne. Tout au long des lignes de latitude et de longitude s’élèvent les voix des muezzins appelant à la prière, s’inclinent et se prosternent des hommes devant Dieu, le Seigneur des orients et des occidents, le Seigneur des mondes, le Digne de louange et de gloire. Pendant la saison du pèlerinage, des délégations venues des différents points du globe, des hommes qui professent l’unicité de Dieu, et qui aiment leur Seigneur convergent tous vers La Mecque, la première mosquée et la mère des mosquées de ce monde. Les visages se croisent et les âmes se reconnaissent mutuellement au cri de la Talbiyya répondant ainsi à l’injonction d’accomplir le pèlerinage, appel ancestral que l’Islam a perpétué et rendu plus fort. Dieu dit : « Et
fais aux gens une annonce pour le pèlerinage : qu’ils viennent à toi, à
pied, et aussi à dromadaire de toute espèce, de tout chemin creux afin
qu’ils témoignent eux-mêmes d’avantages qui sont leurs, et qu’ils
rappellent le nom de Dieu, pendant quelques jours bien connus » Les gens qui viennent à La Mecque forment une société où seule comptent la mention de Dieu et l’exaltation de Son Nom béni. Si dans les quartiers commerciaux dominent l’échange des marchandises et les transactions, si dans les administrations gouvernementales l’action notoire est le va-et-vient entre les bureaux, les pèlerins, eux, animent un marché où la marchandise est la bonne oeuvre. Leurs cris de Talbiyya et de Takbîr sont forts et emplissent les horizons au point que l’on dirait que la terre s’est métamorphosée en un espace qui abonde d’Anges adorateurs. Décrivant les actes accomplis par les
pèlerins, l’imam An-Nawawî a dit : « Il est recommandé [au pèlerin] de
répéter la Talbiyya en toute occasion, qu’il soit debout ou assis ;
qu’il marche ou qu’il soit à dos de monture ; qu’il soit en état
d’impureté ou non [et s’il s’agit d’une femme, qu’elle ait ses règles
ou non] ; et lors de tout changement de situation tel qu’au lever du
jour ou à la tombée de la nuit, à l’aube ou en compagnie des amis,
lorsqu’il se lève ou s’assied, gravit une colline ou la descend,
enfourche une monture ou en descend, ainsi qu’à la fin de chaque prière
et dans chaque mosquée... S’il voit quelque chose qui lui plaît, il
dira : « Me voici Mon Dieu, il n’est de vie que la vie dernière ! » se
conformant ainsi à la Tradition de l’Envoyé de Dieu Ach-Châf’î rapporte, d’après Mujâhid, au sujet de cette invocation : « Le Prophète Les pèlerins avaient tout à fait le droit de se presser en foule autour de leur Prophète alors qu’il évoquait Dieu à voix haute, car il fut à l’origine du bien dont Dieu les avait comblés et il fut leur guide spirituel. Cependant, Muhammad le grand ne s’était point enorgueilli d’un tel témoignage d’amour ; son coeur était tourné vers Dieu et il n’aspirait qu’à Sa rencontre, se rappelant la vie dernière et espérant en elle. Sur la colline d’As-Safâ, il disait : « Dieu
est le Plus Grand ! Dieu est le Plus Grand ! Louange à Dieu, Dieu est
le Plus Grand pour nous avoir guidés, louange à Dieu ,Pour les
bienfaits qu’Il nous a accordés ! Il n’y a de dieu que Dieu, l’Unique
qui n’a pas d’associé, c’est à Lui qu’appartient la souveraineté et
c’est à Lui que revient la louange. Il donne la vie et la mort. Le bien
est entre Ses Mains et Il est capable de toute chose. Il n ’y a de dieu
que Dieu. Il a tenu Sa promesse, fait triompher Son serviteur et défait
à Lui Seul les coalisés. Il n’y a de dieu que Dieu. Nous n’adorons que
Lui, en Lui vouant un culte exclusif, n’en déplaise aux négateurs ! Mon
Dieu, Tu as dit : « Invoquez-Moi et Je vous exaucerai », et Tu ne
faillis jamais à Ta promesse. Tu m’as guidé vers l’Islam, et je Te
demande de ne pas m’en détourner jusqu’à ce que Tu me fasses mourir
musulman. » « [...]
Créateur des cieux et de la terre ! Tu es Mon Patron, ici-bas tout
comme dans l’au-delà. Achève-moi Soumis. Et fais-moi rejoindre les gens
de bien » C’est ainsi que Muhammad a invoqué Son
Seigneur pendant le pèlerinage d’adieu, après avoir brisé les idoles,
annihilé l’Ignorance, et établi un état sur les bases de la
confirmation de l’unicité de Dieu ! Il est plaisant de constater
l’excellence du caractère de Muhammad Dieu a tenu Sa promesse et défait Seul les coalisés ; Lui Seul était à même de les mettre en déroute, de les disperser et de déjouer leur ruse. C’est Lui qui mérite louange, crainte et c’est Lui qui détient le pardon. Le combat de la foi n’a cessé depuis, car les forces de la négation ne cessent de nourrir à l’égard des gens du Vrai de l’animosité et jamais elles ne pourront s’abstenir de comploter contre eux. Mais les hommes de l’Islam persévéreront sur la Voie n’en déplaise aux négateurs ! En examinant les invocations que le Prophète Il n’est pas de musulman qui n’aspire à l’agrément de Dieu et à la stabilité et pour lui-même et pour les siens. Il ne fait, en fin de compte, que se conformer à cette invocation de Moïse, sur lui la paix, qui dit : « [...]Seigneur ! J’ai grand besoin du bien que Tu feras descendre sur Moi ! » Le Prophète « Notre Seigneur ! Accorde-nous des biens en ce monde et des biens dans la vie ultime. Préserve-nous du châtiment du Feu » Le chant qui résonne dans les cimes des montagnes et dans les vallées est le suivant : « Il n’y a de dieu que Dieu, l’Unique et sans associé ; à Lui appartient la Souveraineté, Il est digne de louange et Il est capable de toute chose. » Les multitudes humaines le proclament et le font leur. [1] p.199 à 214, Editions Maison d’Ennour, traduction et notes Abderrazak Mahri [2] Le rituel de lapidation se fait le jour du sacrifice et les trois jours qui suivent. [3] Rapporté par Al Bukhari |
Secrets spirituels du pélerinage
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L’humanité a parfaitement le droit de tirer gloire de ses souvenirs anciens et de les entourer d’un halo de majesté et de sacralité lorsqu’ils concernent ses croyances et ses valeurs. Les rites du pèlerinage participent d’une histoire glorieuse et donnent accès à des trésors de spiritualité et de sentiments exubérants, c’est pourquoi s’y attacher constitue un des piliers de la Religion. Dieu dit : « Voilà ! Et quiconque exalte les emblèmes de Dieu, oui, c’est en effet de la piété des cœurs » Ces paroles appellent quelques explications. Pourquoi, des cinq continents, vient-on, par voie de terre, de mer ou d’air, vers la Maison Sacrée, les coeurs emplis de désir ardent et les yeux chargés de lueur ? En vérité, cette Maison est digne d’un tel honneur, car l’intention qui a présidé à sa construction par le père des Prophètes, Ibrâhîm, était d’en faire une citadelle de la confirmation de l’Unicité, et un lieu de rencontre entre les priants s’inclinant et se prosternant devant Dieu. Avant son édification, Ibrâhîm livra à l’idolâtrie une bataille sans merci, qu’il gagna. Il établit avec l’aide de son fils Ismâ’îl les assises de la Maison, affirmant la victoire sur la négation et établissant une distinction avec elle. Dieu dit : « Oui la première Maison qui ait été désignée aux hommes c’est bien celle de Bakka, bénie, pour la guidée des mondes. La première mosquée du monde mérite que l’on s’y dirige et que des délégations y viennent pour lui rendre hommage. Toute mosquée que l’on érige de par le monde doit lui être affiliée et tous les croyants doivent prier dans sa direction : « Et d’où que tu sortes, tourne ton visage vers la Mosquée Sacrée. Et où que vous soyez, tournez-y vos visage [...] » Il est autre chose, dans l’histoire de l’humanité, qui nous lie, nous les musulmans plus particulièrement, à la Ka`ba ennoblie : construisant cet édifice et faisant émerger ses assises, Ibrâhîm adressa à Dieu une prière fervente afin qu’il suscite [dans ces lieux saints] une communauté et un Prophète issus de sa descendance. En effet, Ibrâhîm et Ismâ’îl invoquèrent Dieu en ces termes : « Notre
Seigneur ! Et fais de nous deux de Tes Soumis, et de notre descendance
une communauté à Toi soumise. Et montre-nous nos rites et accepte de
nous le repentir. Oui, Tu es accueillant au repentir, vraiment,
miséricordieux ! Nous sommes la progéniture soumise à Dieu dont il est question dans cette invocation, et notre Messager Muhammad « On ne vous fera pas de grief d’aller en quête de quelque grâce de Votre Seigneur [...] » » C’est que les hommes ont besoin de Dieu qui détient les clés de trésors inépuisables. Il s’est trouvé, pourtant, des insensés
parmi les missionnaires qui pensèrent que les musulmans entretenaient
avec la Ka`ba et avec la Pierre Noire en particulier des relations
purement matérielles ; une telle attitude suscite ironie et rire plus
qu’autre chose, car le monothéisme qui emplit les coeurs des musulmans
procure une certitude exceptionnelle, d’autant plus que la supplication
qui domine parmi les cortèges des pèlerins depuis le départ est : « Me
voici à Toi, ô Mon Dieu, me voici à Toi ! Me voici à Toi, pas d’associé
à Toi, me voici à Toi ! En vérité la louange, le bienfait et le Royaume
sont à Toi ! Pas d’associé à Toi ! » La voix des pèlerins augmente
en puissance chaque fois qu’ils atteignent une colline, dévalent une
vallée ou rencontrent un groupe de gens, dans le calme de la nuit ou du
point du jour. Dans ces instants, le pèlerin a le sentiment que
l’univers entier fait écho à ses prières conformément à ce hadîth : « Lorsque
le pèlerin prononce la Talbiyya, tout ce qui se trouve à sa droite et à
sa gauche comme arbres, pierres, argile, jusqu’à l’horizon la prononce
après lui. » Il n’est pas étonnant que l’univers qui chante les
louanges de Dieu joigne sa voix à celle de l’homme qui s’est dépouillé
de lui-même entreprenant un voyage pieux en vue de l’agrément de Dieu.
Le Prophète Le pèlerin est un homme qui se consacre exclusivement au culte de Dieu, aspirant avidement à l’agrément et à la rétribution de Dieu et craignant son châtiment. Tout son être est animé par les sentiments d’ardent désir et d’amour. Il n’existe pas, à ma connaissance, de rassemblement humain qui mérite davantage que se répandent sur lui la clémence et le pardon de Dieu que ce noble rassemblement qui est le pèlerinage. La course entre les deux monts
d’As-Safâ et AlMarwâ intervient généralement à la suite des tours
autour de la Ka`ba, et les rites s’y rapportant renouvellent et
perpétuent le sentiment de confiance en Dieu [Tawakkul] qui avait jadis
empli le coeur d’Agar la mère d’Ismâ’îl, sur lui la paix, de même que
celui de son époux Ibrâhîm l’Ami Intime [de Dieu]. Les tenants des idéaux ont grand besoin de la confiance en Dieu, car à elle seule, elle peut leur conférer force et puissance fussent-ils peu nombreux et semblassent ils humiliés, et transformer leur attachement à Dieu en un principe qui suscite le respect. C’est entre autres sens ce qu’implique le verset suivant : « As-Safâ
et A1-Marwâ sont vraiment parmi les emblèmes de Dieu. Donc quiconque
fait le grand pèlerinage de la Maison ou le petit pèlerinage, pas de
péché sur lui à faire le tour de ces deux monts. Et quiconque fait de
surcroît ceuvre bonne, alors Dieu est reconnaissant, Il sait » Les historiens rapportent qu’après le départ d’Ibrâhîm, alors qu’Agar et son fils Ismâ’îl devaient affronter leur destin dans cette contrée isolée, le Diable se présenta à lui alors qu’il traversait Minâ. Il lui dit : « Peut-on laisser sa famille mourir ainsi de faim et de soif ! Retourne auprès des tiens et sauve-les de la mort ! » Mais Ibrâhîm lui jeta des cailloux et poursuivit son chemin en adressant à Dieu cette oraison fervente : « Ô
Notre Seigneur, j’ai établi une partie de ma descendance dans une
vallée qui, vraiment, est tout autre qu’agricole, près de Ta Maison
sanctifiée, afin, ô Notre Seigneur, qu’ils établissent l’Office. Fais
donc que se précipitent vers eux les cceurs d’une partie des gens. Et
nourris-les de fruits. Peut-être seront-ils reconnaissants ? » Dieu exauça cette prière sincère et Ibrâhîm déjoua la ruse de Satan, car son coeur croyant était confiant en Dieu. La tradition de la lapidation des stèles [Ramy AI-Jamarât] fut instituée pour que tous sachent que la promesse de Dieu demeure infaillible et que les insinuations du Diable sont pure divagation, qui ne s’insinuent que dans les coeurs dénués de la mention de Dieu : « Il n’a, en vérité, aucune autorité sur ceux qui croient et qui placent confiance en Leur Seigneur. Il est à noter qu’en parlant de la lapidation des stèles à Minâ, le noble Coran a utilisé non le terme de lapidation, mais de mention de Dieu durant des jours comptés. Dieu, exalté soit-Il, dit : « Et souvenez-vous de Dieu pendant les jours comptés. Ensuite il n’y a pas de péché, pour qui se comporte en piété, à partir au bout de deux jours ou à s’attarder non plus ». Comme si un tel rite avait pour finalité l’évocation à voix haute du Seigneur des mondes, la lapidation des stèles demeurant, quant à elle, un simple symbole. En vérité, le pèlerinage n’est, en
définitive, qu’évocation de Dieu par des multitudes humaines dont la
seule préoccupation est d’exalter Dieu et de L’implorer en prononçant
les formules de la Talbiyya. Et il est regrettable que le rite de la
lapidation des stèles soit devenu si difficile à observer que seules
les personnes les plus endurantes et les plus téméraires soient en
mesure de s’en acquitter et que des pèlerins trouvent, à cette
occasion, la mort étouffés ou piétinés. Ces événements malheureux sont
dus au fait que l’on se conforme à l’avis juridique prépondérant qui
stipule que la lapidation des stèles ne peut se faire qu’entre le
déclin du soleil et son coucher. Le résultat en est que les vagues de
pèlerins font face, à ces moments critiques, à un danger périlleux.
J’ai, quant à moi, refusé cet avis juridique qui ne se fonde ni sur le
Livre de Dieu ni sur la Tradition du Prophète Il est heureux que le gouvernement saoudien ait enfin pris des mesures en vue de faciliter la lapidation des stèles, notamment en admettant que les pèlerins s’acquittent de ce rite à n’importe quel moment de la journée, à condition toutefois de le faire pendant les jours déterminés par la Religion [2]. Des vies ont ainsi été épargnées et la conformité à ce rite divin a été rendue plus aisée. Il est des musulmans qui pensent que le pèlerinage est une suite de difficultés insurmontables ; ils ont rendu difficile ce qui à l’origine était facile et ils ont forgé des actes qui n’ont aucun fondement dans la religion de Dieu. D’aucuns imaginent qu’il existe des invocations spécifiques à chacun des sept tours de la Ka`ba et chacun des sept trajets entre As-Safâ et AI-Marwâ ; des livres d’invocations ont même été composés sans s’appuyer sur quelque argument légal. Il y a aussi des faibles d’esprit qui
soutiennent qu’il est plus méritant d’accomplir la course [entre
As-Safâ et Al-Marwâ] à travers le parcours se situant à même le sol que
de le faire en empruntant l’itinéraire aménagé à l’étage par les
autorités en vue de réduire l’affluence. De même, ils pensent qu’il est
plus méritoire de se tenir au niveau du sol, plutôt qu’à l’étage, pour
lapider les stèles ! Ils ignorent certainement que le Prophète « Le
pèlerinage touche les mois bien connus. S’y décide-t-on ? Alors, plus
d’épouses, plus de perversité, plus de dispute, pendant le pèlerinage.
Et le bien que vous faites, Dieu le sait. Et prenez vos provisions ;
mais vraiment la meilleure provision est la piété. Et craignez-Moi, ô
doués d’intelligence » Ce voyage à travers les lieux saints de
l’Islam polit, en outre, le caractère, purifie le coeur et fait croître
le sentiment d’amour à l’égard de Dieu, de Son Envoyé « Et
ainsi te révélons-Nous une Lecture arabe, afin que tu avertisses la
Mère des villes et aussi ceux qui sont autour d’elle, et que tu
avertisses du Jour de la Réunion, pas de doute là-dessus » Autour de la noble Ka`ba, se dessinent des cercles de priants inclinés ou prosternés, dont l’ampleur ne cesse d’augmenter au fur et à mesure qu’on s’en éloigne. Tout au long des lignes de latitude et de longitude s’élèvent les voix des muezzins appelant à la prière, s’inclinent et se prosternent des hommes devant Dieu, le Seigneur des orients et des occidents, le Seigneur des mondes, le Digne de louange et de gloire. Pendant la saison du pèlerinage, des délégations venues des différents points du globe, des hommes qui professent l’unicité de Dieu, et qui aiment leur Seigneur convergent tous vers La Mecque, la première mosquée et la mère des mosquées de ce monde. Les visages se croisent et les âmes se reconnaissent mutuellement au cri de la Talbiyya répondant ainsi à l’injonction d’accomplir le pèlerinage, appel ancestral que l’Islam a perpétué et rendu plus fort. Dieu dit : « Et
fais aux gens une annonce pour le pèlerinage : qu’ils viennent à toi, à
pied, et aussi à dromadaire de toute espèce, de tout chemin creux afin
qu’ils témoignent eux-mêmes d’avantages qui sont leurs, et qu’ils
rappellent le nom de Dieu, pendant quelques jours bien connus » Les gens qui viennent à La Mecque forment une société où seule comptent la mention de Dieu et l’exaltation de Son Nom béni. Si dans les quartiers commerciaux dominent l’échange des marchandises et les transactions, si dans les administrations gouvernementales l’action notoire est le va-et-vient entre les bureaux, les pèlerins, eux, animent un marché où la marchandise est la bonne oeuvre. Leurs cris de Talbiyya et de Takbîr sont forts et emplissent les horizons au point que l’on dirait que la terre s’est métamorphosée en un espace qui abonde d’Anges adorateurs. Décrivant les actes accomplis par les
pèlerins, l’imam An-Nawawî a dit : « Il est recommandé [au pèlerin] de
répéter la Talbiyya en toute occasion, qu’il soit debout ou assis ;
qu’il marche ou qu’il soit à dos de monture ; qu’il soit en état
d’impureté ou non [et s’il s’agit d’une femme, qu’elle ait ses règles
ou non] ; et lors de tout changement de situation tel qu’au lever du
jour ou à la tombée de la nuit, à l’aube ou en compagnie des amis,
lorsqu’il se lève ou s’assied, gravit une colline ou la descend,
enfourche une monture ou en descend, ainsi qu’à la fin de chaque prière
et dans chaque mosquée... S’il voit quelque chose qui lui plaît, il
dira : « Me voici Mon Dieu, il n’est de vie que la vie dernière ! » se
conformant ainsi à la Tradition de l’Envoyé de Dieu Ach-Châf’î rapporte, d’après Mujâhid, au sujet de cette invocation : « Le Prophète Les pèlerins avaient tout à fait le droit de se presser en foule autour de leur Prophète alors qu’il évoquait Dieu à voix haute, car il fut à l’origine du bien dont Dieu les avait comblés et il fut leur guide spirituel. Cependant, Muhammad le grand ne s’était point enorgueilli d’un tel témoignage d’amour ; son coeur était tourné vers Dieu et il n’aspirait qu’à Sa rencontre, se rappelant la vie dernière et espérant en elle. Sur la colline d’As-Safâ, il disait : « Dieu
est le Plus Grand ! Dieu est le Plus Grand ! Louange à Dieu, Dieu est
le Plus Grand pour nous avoir guidés, louange à Dieu ,Pour les
bienfaits qu’Il nous a accordés ! Il n’y a de dieu que Dieu, l’Unique
qui n’a pas d’associé, c’est à Lui qu’appartient la souveraineté et
c’est à Lui que revient la louange. Il donne la vie et la mort. Le bien
est entre Ses Mains et Il est capable de toute chose. Il n ’y a de dieu
que Dieu. Il a tenu Sa promesse, fait triompher Son serviteur et défait
à Lui Seul les coalisés. Il n’y a de dieu que Dieu. Nous n’adorons que
Lui, en Lui vouant un culte exclusif, n’en déplaise aux négateurs ! Mon
Dieu, Tu as dit : « Invoquez-Moi et Je vous exaucerai », et Tu ne
faillis jamais à Ta promesse. Tu m’as guidé vers l’Islam, et je Te
demande de ne pas m’en détourner jusqu’à ce que Tu me fasses mourir
musulman. » « [...]
Créateur des cieux et de la terre ! Tu es Mon Patron, ici-bas tout
comme dans l’au-delà. Achève-moi Soumis. Et fais-moi rejoindre les gens
de bien » C’est ainsi que Muhammad a invoqué Son
Seigneur pendant le pèlerinage d’adieu, après avoir brisé les idoles,
annihilé l’Ignorance, et établi un état sur les bases de la
confirmation de l’unicité de Dieu ! Il est plaisant de constater
l’excellence du caractère de Muhammad Dieu a tenu Sa promesse et défait Seul les coalisés ; Lui Seul était à même de les mettre en déroute, de les disperser et de déjouer leur ruse. C’est Lui qui mérite louange, crainte et c’est Lui qui détient le pardon. Le combat de la foi n’a cessé depuis, car les forces de la négation ne cessent de nourrir à l’égard des gens du Vrai de l’animosité et jamais elles ne pourront s’abstenir de comploter contre eux. Mais les hommes de l’Islam persévéreront sur la Voie n’en déplaise aux négateurs ! En examinant les invocations que le Prophète Il n’est pas de musulman qui n’aspire à l’agrément de Dieu et à la stabilité et pour lui-même et pour les siens. Il ne fait, en fin de compte, que se conformer à cette invocation de Moïse, sur lui la paix, qui dit : « [...]Seigneur ! J’ai grand besoin du bien que Tu feras descendre sur Moi ! » Le Prophète « Notre Seigneur ! Accorde-nous des biens en ce monde et des biens dans la vie ultime. Préserve-nous du châtiment du Feu » Le chant qui résonne dans les cimes des montagnes et dans les vallées est le suivant : « Il n’y a de dieu que Dieu, l’Unique et sans associé ; à Lui appartient la Souveraineté, Il est digne de louange et Il est capable de toute chose. » Les multitudes humaines le proclament et le font leur. [1] p.199 à 214, Editions Maison d’Ennour, traduction et notes Abderrazak Mahri [2] Le rituel de lapidation se fait le jour du sacrifice et les trois jours qui suivent. [3] Rapporté par Al Bukhari |
Hadiths faibles et hadiths authentiques
Question
Pourquoi dit-on de certains Hadiths qu'ils sont faibles (dha'îf) tandis que d'autres sont bons (hassan) ou encore authentiques (sahîh) ? Tous ne viennent-ils pas du Prophète (sur lui la paix) ?
Réponse :
Le Prophète (salla Allah ‘alayhi wa Salam) est certes celui qui est à l'origine des Hadiths. Mais, d'un côté, comme le Compagnon Ibn Abbâs l'avait dit à son époque : "(…) L'ensemble des Hadiths n'est pas – comme l'est le Coran – regroupé en un seul livre, consigné (…)." (Rapporté par Ad-Dârimî). Or, il est arrivé au cours des temps ayant précédé la consignation et la critique systématiques des Hadiths qu'un musulman ait volontairement, par manque de piété et de moralité ou autre, inventé un propos et l'ait attribué au Prophète. D'autres fois il est arrivé qu'un musulman doté d'une faible mémoire ait répété de façon erronée un Hadîth qu'il avait entendu dire de façon correcte.
Or, de l'autre côté, il est nécessaire de faire très attention lorsqu'on attribue au Prophète un propos : les conditions voulues sont-elles réunies pour que l'on puisse le lui attribuer ? Quelqu'un ne l'a-t-il pas inventé ? Quelqu'un n'aurait-il pas mal retenu ce qui lui avait été dit ? Le Prophète avait bien dit : "Préservez-vous de citer [de moi] les Hadiths, sauf ceux que vous connaissez. Car celui qui m'attribue volontairement ce que je n'ai pas dit, peut préparer sa place dans l'enfer." (Rapporté par At-Tirmidhî et Ibn Abî Shayba).
Il a aussi dit (Salla Allah ‘alayhi wa Salam): "Celui qui rapporte de moi un Hadîth dont il apparaît que c'est un mensonge est un des menteurs" (rapporté par Muslim).
C'est pourquoi il est nécessaire de vérifier que l'on peut bien attribuer un propos au Prophète (Salla Allah ‘alayhi wa Salam)). Les savants musulmans qui ont collecté les Hadiths (qu'ils l'aient fait seulement oralement ou qu'ils l'aient fait oralement puis les aient consignés par écrit dans leur recueil) ont donc pris l'habitude de demander à celui qui leur citait un Hadîth de citer également la chaîne des transmetteurs jusqu'au Prophète (Salla Allah ‘alayhi wa Salam). Leur objectif est de vérifier qui figure dans cette chaîne : quelqu'un digne de confiance, ou quelqu'un doté d'une mémoire défaillante ? Ou quelqu'un dont il est établi qu'il mentait dans sa vie ?
C'est pourquoi, si vous lisez les recueils de Hadîth préparés par Al-Bukhârî, par Muslim, par At-Tirmidhî, par Aboû Dâoûd, par An-Nassaï, par Ibn Mâja, par Mâlik, par Ahmad, par At-Tahâwî, par Abd ur-Razzâq, par Ibn Abî Shaybah, par At-Tabarânî, par Al-Bayhaqî ou par d'autres, vous y verrez deux parties dans le Hadîth:
- d'une part le matn, qui constitue la parole, l'acte ou l'approbation que l'on rapporte du Prophète.
- d'autre part la sanad ou isnâd : c'est la chaîne des transmetteurs de ce matn, et elle va de l'auteur du recueil jusqu'au Prophète (Salla Allah ‘alayhi wa Salam).
Dès lors, quand on dit "ce Hadîth est faible", cela ne veut nullement dire qu'on rejette une parole du Prophète. Cela ne veut pas dire non plus que ce Hadîth est systématiquement faux et fabriqué. Cela veut seulement dire que la chaîne de transmetteurs (sanad) de ce Hadîth ne réunit pas les conditions voulues pour que les spécialistes du Hadîth puissent vérifier de façon scientifique la possibilité d'attribuer ce propos au Prophète.
Quand dit-on d'un Hadîth qu'il est authentique, ou qu'il est bon, ou qu'il est faible ou encore qu'il est inventé ?
Hadîth authentique
Un Hadîth est "authentique" (sahîh) lorsqu'il remplit les 5 conditions suivantes :
1- il faut que sa chaîne de transmission soit continue entre les différents maillons, depuis le Prophète jusqu'à celui qui l'écrit dans son recueil.
2- il faut que chaque maillon soit fiable sur le plan de la moralité ('adâla).
3- il faut que chaque maillon soit parfait au niveau de la rétention / compréhension (dhabt).
4- il faut que le Hadîth ne soit pas contredit de manière irréconciliable par un Hadîth plus authentique que lui (shudhûdh).
5- il ne faut pas que la chaîne de transmission de ce Hadîth renferme un défaut dissimulé ('illa).
Hadîth faible
Un manquement important existant dans un maillon de la chaîne entraîne que le Hadîth qu'il rapporte est "faible" (dha'îf) : cinq points de manquements ont été établis par extrapolation (istiq'râ') en matière de moralité ('adâla), et cinq autres en matière de rétention / compréhension (dhabt).
Hadîth bon
Il arrive, en ce qui concerne une chaîne de transmission qu'elle remplisse 4 conditions excepté 1 : un maillon présente une faiblesse sur le plan de la rétention / compréhension (dhabt), faiblesse vérifiable par rapport aux cinq points s'y rapportant. Cela entraîne alors que le Hadîth dont ce maillon figure dans la chaîne des transmetteurs est "bon" (hassan) et non pas "authentique" (sahîh).
Hadîth inventé
Quant au Hadîth "inventé" (mawdhû'), il s'agit d'un Hadîth dans la chaîne de transmission duquel figure un homme dont il est établi qu'il a déjà inventé un Hadîth.
Certains spécialistes de la science du Hadîth – c'est apparemment le cas de Al-Hâfiz Ibn Hajar dans Nukhbat ul-fikr – sont d'avis que cette catégorie (mawdhû') est une sous-catégorie du Hadîth faible (dha'îf).
D'autres spécialistes sont d'avis qu'il s'agit d'une catégorie à part, une quatrième donc. Il faut cependant relever que si une chaîne de transmission peut être faible (dha'îf), lorsque certains Hadiths possèdent plusieurs chaînes de transmissions faibles, la probabilité de pouvoir attribuer ce Hadîth au Prophète s'en trouve renforcée, et le Hadîth devient "bon" (hassan li ghayrihî). La même chose existe pour un Hadîth qui possède plusieurs chaînes de transmissions bonnes, et qui devient alors "authentique" (sahîh li ghayrihî).
Wallâhu A'lam (Dieu sait mieux).

Les Écoles Rituelles (madhâhib) dans le Sunnisme
Les Quatre écoles sunnites qui existent encore de nos jours sont les suivantes : Mâlikite, Hanafite, Chafi'îte et Hanbalite. Mais d'autres ont existé dans un passé plus lointain, notamment avant le raz-de-marée Mongol, qui n'a pas entraîné que des destructions matérielles, mais aussi un appauvrissement culturel de la civilisation musulmane (et Arabe en particulier).
Pour preuve, cette affirmation de l'Imam ASuyûtî, dans son ouvrage « Le Retour de jésus » : « Mais le plus étonnant encore, c'est de s'interroger sur les quatre rites. Est-il venu à l'esprit que les rites de cette loi religieuse se limitent seulement à quatre doctrines fondamentales? Il faut savoir pourtant que le nombre de ceux qui recourent à l'effort personnel (Ijtihâd), en matière de loi religieuse, est illimité et que chacun, parmi les compagnons et leurs successeurs immédiats, avait sa propre doctrine ou son école juridique. En effet, on comptait à leur époque pas moins de dix écoles ou rites ayant leurs propres chefs et leurs manuels bien établis. Car, en plus des quatre rites fondamentaux, il y a ceux de Sufyan ibn `Uyayna, de Sufyan al-Thawri, d âl-Layth ibn Sa'd, d'Ishaq ibn Rahawayya, d'Ibn Jarir et d'Ibn Daoud. Chacun d'eux avait ses propres disciples qui adoptaient sa thèse et appliquaient sa doctrine. Donc, si les doctrines et les écoles juridiques sont nombreuses, pour quelle raison s'est-on limité aux quatre rites ? ».
Par ailleurs, à l'époque des anciens (Compagnons et Suivants), le Madhhab (rite) pratiqué et enseigné par `Ali, son épouse Fatima, leurs enfants Hassan et Hussein et leurs partisans (qu'on appellera les Chiites) n'était pas considéré par les autres musulmans comme un rite hérétique, mais « sunnite », c'est-à-dire conforme à la Sunna prophétique, les divergences étant seulement, alors, politiques. Ce n'est qu'à la suite du fossé creusé par des générations de lutte fratricide entre les Alides et les Omeyyades que la distinction rituelle se renforça, au point que chaque courant regardait l'autre comme hétérodoxe.
Ceci dit, les différences entre les « branches » du monde musulman (sunnite, chiite et kharidjïte) sont, du moins à l'origine, moins doctrinales que politiques, et même de nos jours, chaque année, des Musulmans de toutes les tendances prient dans la même mosquée côte à côte à La Mecque.
Les quatre rites sunnites
En ce qui concerne les quatre rites sunnites subsistant de nos jours, ce sont:
L'école Malikite
C'est le Rite (madhhab) ancien par excellence, à côté du rite Hanafite, si l'on excepte les écoles Chi'ites (dont beaucoup se sont constituées tardivement et par opposition entre elles, principalement au sujet de la reconnaissance de leurs Imams successifs). Le rite malikite est la somme de l'enseignement reçu puis transmis par l'Imam de Médine, Mâlik Ibn Anas, né et mort à Médine (94 H.- 179 H).
L'Imam Mâlik fut un disciple direct des Compagnons du Prophète (Salla Allah ‘alih wa Salam) et notamment de Sahl Ibn Sa'd. Il étudia aussi auprès de Ja'far as-Sâdiq et connut Abû Hanifah. Il fut l'auteur du premier traité de droit musulman, al-Muwatta' « La Voie Aplanie » ou « La Voie rendue aisée», qui est aussi le premier recueil de hadiths. L'Imam Mâlik était donc l'héritier principal de la plus ancienne école d'exégèse coranique fondée par le Compagnon `Ubay al-'Ansâri (mort en 28H.) à Médine, la Ville du Prophète (Salla Allah ‘alih wa Salam), qui était naturellement la mieux placée en tant que dépositaire des «traditions connues» (hadith Mashhûr).
Dans la définition du Droit (fïqh) musulman, cette école, après le Coran, admet comme sources (Oussoul), la sunna prophétique, mais presque exclusivement basée sur les seuls hadiths qui sont connus de l'ensemble de la première communauté médinoise, car, au-delà, la science du hadith a donné lieu à des polémiques sans fin entre les docteurs de l'Islam. Le consensus ('ijmâ') s'est ensuite néanmoins rapidement établi, dans le sunnisme, sur l'exactitude des deux recueils authentiques (sahîh) d'Al-Bukhârî et de Muslim, ainsi que l'ont constaté des chroniqueurs anciens, auxquels se réfère notamment Ibn Khaldûn (mort en 808 H). Les bases juridiques de cette école sont donc bien sûr avant tout le Coran (comme pour les autres écoles d'ailleurs), puis la sunna, connue principalement par les coutumes médinoises (Adât al-Madîna), mais aussi le consensus des savants ('ijmâ'), l'opinion personnelle (ra'y) qui découle de la réflexion (fikr) et de l'effort d'interprétation personnelle (Ijtihâd), ainsi que le raisonnement par analogie (qiyâs).
Et bien qu'elle soit assez scrupuleuse sur le plan de la pratique religieuse (notamment des cinq piliers fondamentaux de l'Islam), cette école est aussi, avec l'école hanafite, la plus ouverte et la plus souple dans son adaptation aux différentes réalités locales et temporelles (la coutume, `ourf), à la réflexion personnelle et à l'évolution du monde. Elle est donc mieux en mesure d'appréhender les adaptations nécessaires d’une façon dédramatisée et efficaces. Et surtout cette école, à la suite de son fondateur, homme humble et scrupuleux, a une motivation fondamentale, une intention (niyya) tournée avant tout vers la préservation de l'unité de la oumma, préférant cultiver ce qui réunit que de rechercher des solutions juridiques qui pourraient diviser. Cela la distingue notamment de l'école hanbalite (à partir d'Ibn Taymiya), plus vindicative, et qui a souvent pris le risque de susciter des fitna (trouble, division) au nom de la recherche de solutions juridiques.
Cette École sunnite malikite est répandue autour du golfe Arabo-Persique, au Soudan, en Afrique du Nord et de l'Ouest.
L'école Hanafite
Cette école a été fondée par l'Imam `Abu Hanifa à Bagdad (mort en 150 H) Il était d'origine irakienne mais vivait en Perse. Sa jurisprudence prend, comme source première, le Coran, puis les seuls hadiths admis par l'ensemble de la communauté (Abû Hanifa a récusé beaucoup de hadiths qui lui semblaient douteux), partageant le même souci et la même doctrine essentielle que Mâlik en ce qui concerne les fondements du Droit. Il admet également l'opinion personnelle (Ra'y) et l'Ijtihâd (l'effort de recherche personnelle), car Allah Taala a créé l'homme doué de raison et Il appelle constamment Sa créature intelligente à raisonner.
Soutenue par les Abbassides, les Seldjoukides et les Ottomans, l'école hanafite s'est enracinée principalement chez les non-arabophones, au Moyen-Orient (principalement en Turquie), en Chine. Considérée par certains commentateurs comme plus « ouverte » que les autres écoles, on lui a reproché aussi parfois une « imitation servile » (taqlîd) des choix juridiques du passé, pouvant figer sa capacité d'adaptation aux réalités contingentes en perpétuelle mutation.
L'école Chafi'ite
Cette école s'est inspirée de l'Imam Chafi'î (mort au Caire en 204 H) Après avoir voyagé dans tout l'orient arabe et étudié les doctrines Mâlikites et Hanafites, il créa une synthèse avec pour souci de clarifier l'articulation des sources de la loi musulmane, pour l'appliquer aux événements contemporains. Il a réuni ses théories dans son ouvrage al-Riçâla (l'Epître).
Selon lui, les sources du Droit doivent être :
- Le Coran.
- Le hadith (sans toutefois donner de priorité à la coutume traditionnelle de la communauté, priorité qui caractérisait les précédentes écoles d'Irak et d'Arabie, et notamment de Médine, comme le faisait l'Imam Mâlik).
- Le Qiyâs (raisonnement et déduction par analogie, mais qui n'intervient selon lui que lorsque les deux premières sources de la loi ne donnent pas de réponse sur une question précise ou nouvelle).
- L'Ijma' (consensus des compagnons, puis dans les générations suivantes, consensus des savants religieux de la communauté, ce qui dans la pratique est assez difficile à réaliser). Quand au ra'y (raisonnement personnel), il est écarté purement et simplement des sources du droit musulman, contrairement aux deux écoles précédentes. Ceci a sans doute eu pour effet de figer l’Ijtihâd.
Cependant, on peut dire toutefois que l'Imam Châfi'î a eu le souci légitime de brider certains effets extrêmes du ra'y et de l'Ijtihâd dont quelques-uns se servaient parfois en dépit du bon sens, sans profonde connaissance du Coran et de la sunna héritée des anciens, pour tenter de justifier des interprétations hasardeuses du Livre, voire des innovations blâmables qui allaient se cristalliser bientôt sous la forme de l'hérésie rationaliste et intolérante du Mu'tazilisme.
Puis, avec le temps et l'influence des deux premières écoles, un recentrage s'est peu à peu opéré dans cette école, pour donner un peu plus de poids au consensus (Ijma') des savants, ce qui libère partiellement l'Ijtihâd de la stricte dépendance au hadith (considéré jusque là par cette école comme la norme absolue de la sunna).
Cette école s'est implantée en Arabie, au Nord de l'Égypte, en Afrique de l'Est et dans tout l'Orient : Inde, Indonésie, Malaisie, Thaïlande, Viêt-nam, Philippine.
L'école Hanbalite
Cette école se réclame d'Ahmad Ibn Hanbal (mort en 241 H), est pratiquement née du conflit qui a opposé Ibn Hanbal aux Mu'tazilites (rationalistes hellénisants passablement intolérants) et aux autorités politiques qui soutenaient alors les Mu'tazilites. La réputation d'Ibn Hanbal s'est forgée durant ces événements au cours desquels il fut persécuté et emprisonné sans jamais se renier. En fait, Ibn hanbal était principalement un spécialiste du hadith (un traditionniste, un rapporteur des traditions prophétiques). C'était aussi un traditionnaliste scrupuleux qui se méfiait du ra'y (opinion personnelle) et du qiyâs (analogie), car, selon lui, ils avaient ouvert la porte à l'hérésie mu'tazilite, source d'innovations pécheresses et de division de la communauté. La polémique qui l'opposa à ces derniers, au sujet de la nature du Coran, et qui lui valut la persécution, donna dès le départ à cette école une teinte contestataire, alors que dans sa doctrine, Ibn Hanbal privilégiait surtout la sunna (la coutume communautaire héritée des anciens formés par le Prophète (Salla Allah ‘alih wa Salam) et ses compagnons et suivants et l'unité communautaire, en bon sunnite.
Cette école se développa ensuite et ses missionnaires apportèrent leur madhhab dans des contrées lointaines, notamment dans le nord de l'Iran où allait naître le Cheikh Abd al-Qâdir al Jilânî (mort en 1166 ap. J.-C.), grand organisateur du soufisme confrérique.
Un siècle plus tard naissait le théologien Ibn Taymiyya (mort en 727 H). Son approche est sensiblement différente de celle du fondateur Ibn Hanbal. Avant même l'intérêt de l'unité communautaire, la recherche de solutions juridiques semblent primer chez lui. Il intervient notamment auprès des Princes arabes lors de la conquête mongole, pour dénoncer l'apathie des Chouyoukh des confréries soufies, qui voient, dans le nouvel envahisseur, l'expression de la colère d'Allah Taala, d'autant plus que les Tatares se sont converties à l'Islam (après avoir - il est vrai - ravagé l'orient arabe). C'est sans doute en grande partie son nationalisme arabe qui lui fait alors traiter les nouveaux maîtres Mongols d'hypocrites, et il parvient à entraîner des princes arabes dans la résistance, malgré l'attitude réservée des confréries soufies.
Dans cette lutte, les arabes subissent d'effroyables pertes irrémédiables, mais fait paradoxal, en affaiblissant considérablement la puissance du déferlement mongol vers la Méditerranée, ils sauvent de fait de justesse leur ennemi héréditaire, l'auteur des croisades, à savoir le monde chrétien occidental qui n'était pas en mesure, à cette époque, vu son retard militaire et son extrême morcellement politique, de résister au raz de marée Asiatique.
Serait-ce donc par son attachement ethnique et culturel, c'est-à-dire en fin de compte par, un chauvinisme digne de la Jahiliya (période de l'ignorance préislamique des Arabes), qu'Ibn Taymiyya a agi ? En ce cas, il aura simplement poussé les Arabes à faire de leurs propres corps et cadavres, l'ultime rempart pour sauver leurs ennemis trinitaristes qui les persécutaient depuis sept siècles ! Et pour les sauver de quoi ? De l'Islamisation qu'aurait pu entraîner l'invasion des mongols (convertis) en Europe ! Ce qui aurait stoppé, entre autre, la reconquista des fanatiques catholiques en Espagne...
Mais Allah Taala, fidèle à Son éternelle Coutume, ne favorise pas un peuple rebelle, qui préfère sa nationalité, sa race ou sa langue, à sa religion, alors que la seule noblesse réside dans la piété, conformément à Sa Parole.
Par ailleurs, l'intransigeance dogmatique d'Ibn Taymiya, son rigorisme sourcilleux, a assurément fait dévier après lui cette école dans une voie particulièrement austère. Ce qui n'enlève rien aux qualités intrinsèques de ses ouvrages.
Cette école Hanbalite se cantonne désormais essentiellement en Arabie Saoudite où elle a donné naissance à une nouvelle école : le wahhabisme, qui est un hanbalisme réformé entièrement ésotériste. Mais la puissance financière saoudienne permet à cette tendance de s'exporter un peu partout dans le monde.
En écartant le ra'y et le qiyâs des sources du droit musulman, le hanbalisme (et surtout sa variante wahhabite) a été accusée de « fossiliser» la jurisprudence dans « l'imitation aveugle » (taqlid) du passé, de plus en plus décalée par rapport aux réalités environnantes, ce qui a fait apparaître trop souvent l'Islam comme une religion plutôt socialement rétrograde, alors qu'elle était à la pointe du progrès social durant la mission du Prophète (Salla Allah ‘alayhi wa Salam).


Allaiter, c’est bon pour la santé, Claude-Susanne Didierjean-Jouveau









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